Sans dossier de contrôle, pas de raccordement : la charge administrative que tout électricien connaît mais que personne ne résout
Chaque installation électrique en Belgique exige un dossier de contrôle RGIE complet avant la mise en service : schéma as-built, protocole de mesure, déclaration de conformité. Plus de 10.000 entreprises électriques le font encore manuellement.
Il n'y a pas un électricien en Belgique qui ne sache pas ce qu'est un dossier de demande de contrôle RGIE. C'est le document qu'il doit soumettre à un organisme de contrôle agréé après chaque installation terminée. Sans ce dossier, le contrôle ne peut pas avoir lieu. Sans contrôle, l'installation ne peut pas être mise en service. Le courant reste coupé.
Et pourtant, ce dossier est la tâche administrative la plus chronophage, la plus reportée et la plus sujette aux erreurs du secteur. Le schéma as-built est dessiné après les travaux, parfois des semaines plus tard. Les valeurs de mesure sont retapées depuis un appareil de test. Les non-conformités n'apparaissent que lorsque le contrôleur est déjà sur place.
Ce que le RGIE exige
Le Règlement Général sur les Installations Électriques exige pour chaque nouvelle installation ou modification significative un dossier de demande de contrôle complet comprenant :
- —Schéma unifilaire as-built : chaque circuit, chaque fusible, chaque prise et interrupteur
- —Mesure de résistance d'isolement par circuit : valeur en MOhm, tension d'essai, conforme/non conforme
- —Mesure de résistance de terre : valeur mesurée, limite 30 ohm pour les habitations
- —Test DDR par disjoncteur différentiel : courant de déclenchement et temps de déclenchement mesurés
- —Calcul ou mesure du courant de court-circuit au tableau de distribution
- —Déclaration de conformité signée par l'installateur agréé avec son numéro d'agrément
Ce dossier est envoyé à l'organisme de contrôle. Le contrôleur vérifie si le dossier est complet, effectue son propre contrôle et délivre une attestation de conformité — ou une liste de non-conformités à résoudre avant une nouvelle inspection.
Pourquoi le dossier est si souvent incomplet
Le schéma as-built : le principal obstacle
Dessiner un schéma as-built est chronophage. La plupart des petites entreprises électriques ne disposent pas de logiciel CAO ou du temps pour l'apprendre. Elles dessinent à la main, utilisent un programme de dessin basique, ou copient le schéma d'un projet similaire précédent et l'adaptent. Le résultat ne répond souvent pas aux exigences du RGIE.
Et quand les travaux prennent du retard — comme toujours dans la construction — le schéma est produit de mémoire, pas sur la base de ce qui a effectivement été installé. Le contrôleur trouve des divergences entre le schéma et la réalité. Non-conformité.
Des valeurs de mesure qui sont retapées
Un électricien mesure sur place la résistance d'isolement de chaque circuit, teste chaque DDR, mesure la résistance de terre. Toutes ces valeurs sont notées sur un formulaire papier ou dans une application de notes. À la maison, elles sont tapées dans un document Word ou un tableau Excel.
Pour une installation de 20 circuits, ce sont 20 valeurs d'isolement, 4 à 6 tests DDR et une mesure de mise à la terre. Chaque chiffre retapé manuellement est une erreur potentielle. Et une erreur dans un protocole de mesure signifie : contrôle échoué, revenir une autre fois.
La vague de recontrôles à venir
Les maisons construites avant 2001 arrivent à leur recontrôle des 25 ans. C'est une vague d'installations dont aucune archive numérique n'existe. L'électricien doit tout remesurer et produire un dossier entièrement nouveau. Sans outil, c'est une demi-journée d'administration par maison.
La borne de recharge : un nouveau dossier à chaque installation
Chaque borne de recharge est une nouvelle installation électrique sous le RGIE. Circuit séparé, mesure séparée, attestation de conformité séparée. La plupart des électriciens qui installent des bornes de recharge sont les mêmes que ceux qui font les installations ordinaires — mais ils n'ont pas de flux de travail standardisé pour le dossier IRVE. Ils le font de manière ad hoc, différemment à chaque fois.
Avec la croissance explosive du véhicule électrique, ce segment n'a fait que s'agrandir. Une entreprise électrique installant dix bornes par semaine a besoin de dix dossiers d'inspection par semaine. C'est actuellement dix fois du travail manuel.
À quoi ressemble l'automatisation
Un technicien termine une installation. Sur son téléphone, il saisit les valeurs de mesure par circuit : résistance d'isolement, courant de déclenchement DDR, temps de déclenchement DDR. Son numéro d'agrément est déjà renseigné. Il indique quels circuits sont présents et leurs caractéristiques.
Le protocole de mesure est automatiquement généré : toutes les valeurs, les valeurs limites à côté, conforme/non conforme par mesure. Le schéma as-built est construit à partir des données de circuit saisies. Le dossier de contrôle complet est prêt avant qu'il ne quitte le chantier.
- —Pas de ressaisie des valeurs de mesure : saisies sur le chantier, directement dans le dossier.
- —Conforme/non conforme calculé automatiquement selon les valeurs limites RGIE.
- —Schéma as-built généré à partir des données de circuit.
- —Non-conformités signalées pour suivi avant que le contrôleur ne les voie.
- —Projet neuf : générer en masse des dossiers par appartement à partir d'un modèle partagé.
- —Archive par adresse : chaque dossier retrouvable lors d'un recontrôle ou d'un incident.
Le marché qui attend ce produit
Il y a plus de 10.000 entreprises d'installation électrique agréées en Belgique. La grande majorité sont des PME de 2 à 20 techniciens. Elles travaillent dans le neuf, la rénovation, l'industrie et le marché croissant des bornes de recharge. Elles produisent un dossier pour chaque installation terminée.
Il n'existe pas d'outil spécifiquement conçu pour le dossier de contrôle RGIE du petit électricien. Les organismes de contrôle ont leurs propres portails, mais ceux-ci sont faits pour le contrôleur, pas pour l'installateur. Le vide est clair, le marché existe, et la douleur se ressent chaque jour.
Installations électriques : normes équivalentes aux Pays-Bas, en Allemagne et en France
Le RGIE belge a son équivalent dans chaque pays européen. Aux Pays-Bas, la NEN 1010 est la norme technique pour les installations basse tension, avec une inspection par des organismes accrédités tels que Kema Keuringen ou Bureau Veritas. La NEN 3140 régit en outre l'inspection périodique de sécurité des installations électriques dans les entreprises. En Allemagne, la DIN VDE 0100 (installations basse tension) et la DGUV Vorschrift 3 sont les normes de référence, avec une Prüfung obligatoire par des électriciens certifiés pour les installations commerciales.
En France, la NF C 15-100 est la norme de référence pour les installations électriques, avec le Consuel (Comité National pour la Sécurité des Usagers de l'Électricité) comme organisme délivrant l'attestation de conformité avant qu'EDF n'active le raccordement électrique — exactement le même principe que le dossier de contrôle RGIE belge auprès d'un organisme de contrôle agréé. Au niveau européen, la IEC 60364 / EN 60364 est la norme internationale de base sur laquelle reposent toutes ces mises en œuvre nationales.
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